N° 13030 LA BEUHTIQUE 18.01.2023

Comment arrêter le cannabis et les joints de THC ?

Arrêter de fumer des joints de cannabis contenant du THC peut être difficile, notamment lorsque la consommation est devenue une habitude quotidienne ou qu’elle est associée à certains moments de la journée, à des habitudes sociales ou à la recherche d’un effet particulier.

La bonne nouvelle est qu’il est possible de réduire puis d’arrêter sa consommation, avec ou sans accompagnement professionnel. Le plus important est de comprendre les mécanismes de l’habitude, d’anticiper les difficultés des premières semaines et de mettre en place une stratégie adaptée à sa situation.

Le CBD est parfois présenté comme une solution pour remplacer le THC. Cependant, les données disponibles ne permettent pas de considérer le CBD comme un traitement reconnu du trouble de l’usage du cannabis ou comme une méthode garantie pour réussir son sevrage.

Dans ce guide, nous faisons le point sur l’arrêt du cannabis, les symptômes de sevrage, les stratégies qui peuvent aider et la place que peut éventuellement occuper le CBD dans cette démarche.

Peut-on arrêter de fumer du cannabis ?

Oui. Arrêter une consommation de cannabis est possible, y compris lorsque celle-ci est ancienne ou quotidienne.

La difficulté dépend notamment de la fréquence de consommation, de la quantité consommée, de l’ancienneté de l’usage, des habitudes associées au cannabis et de la présence éventuelle d’autres consommations ou de difficultés psychologiques.

La Haute Autorité de Santé recommande de repérer les consommations de cannabis à risque et de proposer un accompagnement permettant de favoriser leur réduction ou leur arrêt. Lorsque cela est nécessaire, un accompagnement par un professionnel compétent en addictologie peut être proposé.

Pourquoi est-il parfois difficile d’arrêter les joints ?

La dépendance au cannabis ne repose pas uniquement sur les effets du THC. La consommation peut progressivement devenir associée à des habitudes et à des situations précises.

Par exemple, une personne peut avoir pris l’habitude de fumer :

  • le soir après le travail ;
  • avant de dormir ;
  • avec certaines personnes ;
  • lorsqu’elle ressent du stress ou de l’ennui ;
  • pendant certaines activités ;
  • pour accompagner une cigarette ou un autre rituel.

Lorsque la consommation est arrêtée, ce ne sont donc pas uniquement les effets du THC qui disparaissent. Il faut également apprendre à gérer les situations qui étaient systématiquement associées au joint.

Quels sont les symptômes du sevrage du cannabis ?

Après l’arrêt ou une diminution importante d’une consommation régulière de cannabis, certaines personnes peuvent présenter des symptômes de sevrage.

La Haute Autorité de Santé décrit notamment des symptômes pouvant apparaître dans la semaine suivant l’arrêt ou la diminution importante du cannabis chez les consommateurs chroniques ou ayant consommé de fortes doses.

Les symptômes peuvent notamment comprendre :

  • irritabilité ;
  • anxiété ;
  • humeur dépressive ;
  • agitation ou nervosité ;
  • diminution de l’appétit ;
  • difficultés d’endormissement ;
  • rêves intenses ou cauchemars ;
  • envie de consommer du cannabis.

Des symptômes physiques peuvent également apparaître, notamment des maux de tête, des sueurs, des frissons, des tremblements, des douleurs musculaires ou des troubles digestifs.

La plupart des syndromes de sevrage sont d’intensité modérée et ne nécessitent pas nécessairement une prise en charge médicale. Cependant, si les symptômes sont importants, persistants ou difficiles à gérer, il est recommandé de demander conseil à un professionnel de santé.

Arrêter progressivement ou arrêter d’un coup ?

Il n’existe pas une seule méthode adaptée à toutes les personnes.

Certaines personnes préfèrent fixer une date d’arrêt et arrêter complètement à partir de cette date. D’autres commencent par réduire leur consommation avant de viser l’arrêt.

Le choix peut dépendre du niveau de consommation, de la dépendance, des habitudes personnelles et des précédentes tentatives d’arrêt.

L’objectif important est de définir une stratégie réaliste et de pouvoir la maintenir dans le temps.

Comment préparer l’arrêt du cannabis ?

Une préparation simple peut faciliter la transition.

Identifier les moments où l’envie est la plus forte

Pendant quelques jours, il peut être utile d’observer les moments auxquels l’envie de fumer apparaît le plus souvent.

Notez notamment :

  • l’heure de la consommation ;
  • le contexte ;
  • les personnes présentes ;
  • l’émotion ressentie avant l’envie ;
  • l’activité associée au joint.

Cette observation permet d’identifier les habitudes à modifier.

Éloigner les produits associés à la consommation

Lorsque l’objectif est l’arrêt, conserver à portée de main le cannabis, le matériel et les accessoires associés peut rendre la démarche plus difficile.

Se débarrasser de ces éléments ou les éloigner de son environnement peut contribuer à réduire les occasions de consommation impulsive.

Prévenir son entourage

Lorsque les consommations sont associées à des habitudes sociales, prévenir ses proches peut faciliter l’arrêt.

Il peut être utile d’expliquer simplement que vous avez décidé d’arrêter et de demander à votre entourage de respecter cette décision.

Comment gérer l’envie de fumer un joint ?

Une envie de consommer peut être intense sans pour autant durer indéfiniment.

Lorsqu’une envie apparaît, changer temporairement d’activité ou d’environnement peut aider à laisser passer le moment le plus difficile.

Par exemple :

  • sortir marcher quelques minutes ;
  • faire une activité physique ;
  • appeler quelqu’un ;
  • prendre une douche ;
  • écouter de la musique ;
  • sortir de l’environnement habituellement associé à la consommation ;
  • se concentrer sur une activité qui occupe les mains et l’attention.

L’objectif n’est pas nécessairement de faire disparaître immédiatement l’envie, mais de ne pas transformer automatiquement cette envie en consommation.

Le CBD peut-il aider à arrêter le THC ?

Le CBD ne doit pas être présenté comme un traitement du sevrage au cannabis.

Le CBD et le THC sont deux cannabinoïdes différents. Le CBD n’a pas les mêmes propriétés psychoactives que le THC et les produits CBD conformes à la réglementation française ne sont pas destinés à reproduire les effets psychotropes du cannabis riche en THC.

Cependant, l’existence de différences entre CBD et THC ne signifie pas que le CBD permette à lui seul de traiter une dépendance au cannabis.

À ce jour, il est donc préférable de considérer le CBD comme un sujet distinct du traitement de l’addiction au cannabis et de ne pas présenter son utilisation comme une méthode scientifiquement établie permettant de réussir son sevrage.

Pourquoi le CBD peut-il malgré tout être recherché lors d’un arrêt du THC ?

Certaines personnes qui souhaitent arrêter le cannabis recherchent des produits à base de CBD parce qu’ils souhaitent conserver certains aspects non psychoactifs associés à leur ancienne consommation, comme les arômes du chanvre ou certains rituels.

Cela relève toutefois d’un choix personnel et ne constitue pas une méthode médicale de sevrage.

Il est également important d’éviter de remplacer automatiquement une consommation de THC par une nouvelle consommation quotidienne de produits cannabinoïdes. L’objectif d’un sevrage peut aussi être de sortir progressivement du rituel de consommation lui-même.

CBD et dépendance : que faut-il savoir ?

Le CBD ne doit pas être présenté comme une substance totalement dépourvue d’effets indésirables ou de risques.

Les autorités sanitaires françaises ont notamment signalé des problèmes liés à certains produits présentés comme contenant du CBD, avec des compositions pouvant différer de leur étiquetage et, dans certains cas, la présence de néocannabinoïdes non déclarés.

Il est donc important de privilégier des produits dont la composition est clairement documentée et de ne pas considérer une appellation commerciale comme une garantie de composition.

Pourquoi éviter les cannabinoïdes psychoactifs lors d’une démarche d’arrêt ?

Lorsqu’une personne souhaite arrêter le THC, remplacer celui-ci par une autre substance psychoactive ne constitue pas nécessairement une solution au problème de consommation.

Il faut notamment se méfier des produits présentés comme des alternatives légales ou « plus puissantes » au cannabis.

Plusieurs cannabinoïdes hémisynthétiques ou synthétiques ont été classés comme stupéfiants en France, notamment le HHC, le H2-CBD et le H4-CBD.

Le fait qu’une molécule soit présentée comme une alternative au THC ou comme une nouvelle génération de cannabinoïdes ne signifie donc ni qu’elle soit légale, ni qu’elle soit adaptée à une démarche de réduction ou d’arrêt du cannabis.

CBD, THC et conduite automobile

La conduite constitue un point particulièrement important lorsqu’on utilise des produits contenant du CBD.

Certains produits CBD peuvent contenir des traces de THC. Or, en France, une personne peut être contrôlée positive au THC après avoir utilisé un produit CBD pourtant commercialisé légalement.

La réglementation routière ne prévoit pas de seuil d’imprégnation permettant de considérer qu’une faible quantité de THC serait acceptable pour caractériser la conduite après usage de stupéfiants. La Cour de cassation a confirmé que la présence de THC peut suffire à caractériser l’infraction, indépendamment de la quantité consommée.

Si vous devez conduire, il est donc essentiel de connaître ce risque avant d’utiliser un produit susceptible de contenir du THC.

Faut-il remplacer les joints par des produits sans THC ?

Il n’existe pas de règle universelle.

Pour certaines personnes, modifier progressivement le rituel peut faciliter une démarche d’arrêt. Pour d’autres, continuer à reproduire exactement le même geste et le même contexte peut entretenir l’habitude de consommation.

La question importante est donc de déterminer ce qui entretient votre consommation :

  • la recherche de l’effet du THC ;
  • le rituel du joint ;
  • la consommation avec des amis ;
  • l’habitude du soir ;
  • la gestion du stress ;
  • l’ennui ;
  • les difficultés de sommeil ;
  • ou plusieurs de ces facteurs à la fois.

Si la consommation de cannabis sert principalement à gérer une difficulté comme l’anxiété, l’insomnie ou une souffrance psychologique, travailler directement sur cette difficulté avec un professionnel peut être plus utile que de simplement remplacer un produit par un autre.

Que faire en cas de rechute ?

Une consommation ponctuelle après une période d’arrêt ne signifie pas nécessairement que toute la démarche est annulée.

Il peut être utile d’identifier ce qui a déclenché la reprise : soirée, stress, entourage, fatigue, difficulté émotionnelle ou autre situation.

Cette information peut permettre d’adapter la stratégie pour la prochaine fois.

Si les rechutes deviennent fréquentes ou si l’arrêt semble impossible malgré plusieurs tentatives, un accompagnement spécialisé peut être particulièrement utile.

Quand demander de l’aide pour arrêter le cannabis ?

Il est pertinent de demander de l’aide lorsque :

  • la consommation est quotidienne ou presque quotidienne ;
  • vous avez déjà essayé plusieurs fois d’arrêter sans y parvenir ;
  • vous ressentez des symptômes importants lors de l’arrêt ;
  • la consommation prend une place importante dans votre quotidien ;
  • vous continuez à consommer malgré des conséquences négatives ;
  • le cannabis est utilisé pour gérer une souffrance psychologique ;
  • vous consommez plusieurs substances psychoactives.

La Haute Autorité de Santé recommande un repérage précoce des consommations à risque et un accompagnement durable lorsque cela est nécessaire.

Quel professionnel peut aider à arrêter le cannabis ?

Plusieurs professionnels peuvent accompagner une personne qui souhaite réduire ou arrêter sa consommation de cannabis.

Selon la situation, il peut notamment être possible d’en parler avec :

  • son médecin traitant ;
  • un médecin ou professionnel spécialisé en addictologie ;
  • un psychologue ;
  • un centre spécialisé dans l’accompagnement des conduites addictives.

La HAS indique notamment que, lorsqu’une consommation de cannabis nécessite une prise en charge spécifique, l’avis d’un professionnel compétent en addictologie peut être recherché.

Arrêter le cannabis : les points essentiels

  • Arrêter le THC est possible, même après une consommation régulière.
  • Le sevrage peut provoquer de l’irritabilité, de l’anxiété, des troubles du sommeil, une diminution de l’appétit ou des envies de consommer.
  • Identifier les situations qui déclenchent la consommation peut faciliter l’arrêt.
  • Une stratégie progressive ou un arrêt complet peuvent être envisagés selon la situation de chacun.
  • Le CBD ne constitue pas un traitement reconnu du trouble de l’usage du cannabis.
  • Remplacer le THC par une autre substance psychoactive n’est pas une solution nécessairement adaptée.
  • Le HHC, le H2-CBD et le H4-CBD sont classés comme stupéfiants en France.
  • Certains produits CBD peuvent contenir des traces de THC.
  • La présence de THC peut avoir des conséquences importantes en matière de conduite automobile.
  • En cas de difficulté, un médecin ou un professionnel de l’addictologie peut accompagner la démarche.

Questions fréquentes

Le CBD permet-il d’arrêter le cannabis ?

Il n’est pas possible d’affirmer que le CBD permet à lui seul d’arrêter le cannabis. Le CBD n’est pas un traitement reconnu du trouble de l’usage du cannabis. Une démarche d’arrêt repose notamment sur la modification des habitudes de consommation et, lorsque cela est nécessaire, sur un accompagnement adapté.

Le CBD peut-il remplacer le THC ?

Le CBD et le THC sont deux cannabinoïdes différents et leurs effets ne sont pas équivalents. Utiliser un produit CBD peut éventuellement modifier le rituel associé à la consommation, mais cela ne constitue pas automatiquement une méthode de sevrage du THC.

Quels sont les symptômes lorsqu’on arrête le cannabis ?

Les symptômes peuvent notamment comprendre l’irritabilité, l’anxiété, les troubles du sommeil, les rêves intenses, la diminution de l’appétit et une forte envie de consommer. Des symptômes physiques peuvent également apparaître. Leur intensité varie selon les personnes.

Combien de temps durent les symptômes du sevrage du cannabis ?

La durée et l’intensité du sevrage varient selon les personnes et selon leur niveau de consommation. Les premiers symptômes peuvent apparaître dans la semaine suivant l’arrêt ou une réduction importante. En cas de symptômes importants ou persistants, il est préférable de demander conseil à un professionnel de santé.

Peut-on être positif au THC après avoir consommé du CBD ?

Oui. Certains produits CBD peuvent contenir des traces de THC. La MILDECA indique que les traces de THC présentes dans des produits CBD peuvent passer dans le sang ou la salive et entraîner un dépistage positif.

Peut-on conduire après avoir consommé du CBD ?

Il existe un risque de dépistage positif au THC lorsque le produit contient des traces de THC. En France, la présence de THC peut suffire à caractériser l’infraction de conduite après usage de stupéfiants, indépendamment de la quantité détectée.

Le CBD est-il recommandé par la HAS pour arrêter le cannabis ?

Les recommandations de la HAS relatives au cannabis portent sur le repérage, la réduction ou l’arrêt des consommations et l’accompagnement des personnes concernées. Elles ne présentent pas le CBD comme un traitement reconnu du sevrage du cannabis.

Faut-il consulter pour arrêter le cannabis ?

Pas nécessairement dans tous les cas, mais un accompagnement professionnel peut être très utile lorsque la consommation est importante, que plusieurs tentatives d’arrêt ont échoué, que les symptômes de sevrage sont difficiles à gérer ou que le cannabis est associé à une souffrance psychologique.

À retenir

Arrêter de fumer des joints contenant du THC est une démarche personnelle qui peut demander du temps et plusieurs tentatives. Le sevrage peut provoquer des symptômes, particulièrement chez les consommateurs réguliers, mais un accompagnement adapté peut faciliter la réduction ou l’arrêt.

Le CBD peut être distingué du THC sur le plan pharmacologique et réglementaire, mais il ne doit pas être présenté comme une méthode miracle ou comme un traitement de la dépendance au cannabis.

Si votre objectif est réellement d’arrêter le THC, le plus important est d’identifier les habitudes qui entretiennent votre consommation, de préparer les situations à risque et de ne pas hésiter à demander de l’aide lorsque cela devient difficile.

Dernière mise à jour : août 2026.

Les informations présentées dans cet article sont générales et ne constituent pas un avis médical. En cas de difficulté à arrêter le cannabis, de symptômes importants ou de consommation problématique, demandez conseil à un médecin ou à un professionnel spécialisé en addictologie.